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Esprit chalet | Ah non pas encore lui !

Petite check-list avant embauche

Même si certains élus, hauts responsables ou penseurs ont encore du mal à bien comprendre ce qui s’y passe, le web est aujourd’hui plus que démocratisé. On peut choisir de travailler dans le web comme dans l’industrie automobile ou le bâtiment. Revenez dix ans en arrière et les conversations avaient plutôt cette tournure :
– Papa, maman, je vais travailler dans le web.
– Ah non mon dieu mon tout petit, pourquoi tu nous fais ça ? Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter ça ? Plus personne ne nous adressera la parole au village
Je force à peine le trait.
Vous entriez dans le web comme on entre en religion. Oui, j’accepte de ne jamais pouvoir discuter de mon travail avec qui que ce soit en soirée. Oui, j’accepte qu’on me prenne pour un pédo-nazi tous les 6 mois quand un député en mal de visibilité ne trouvera rien de mieux que de faire une sortie sur le web, ce bouge immonde duquel suintent pédophiles, nazis et émissaires du gouvernement reptilien.
Or le web est d’abord un club très select, sorte de Reform Club où l’on ne croise que des personnes de bon goût qui partagent une culture fine et racée. Un peu comme les seins de Samantha Fox.
Afin de vous aider, amis recruteurs et travailleurs du web, à perpétuer l’esprit pionnier, nous vous proposons aujourd’hui un petit questionnaire qui devrait vous aider à trier le bon grain de l’ivraie ou de vous préparer à entrer dans le monde merveilleux du web si vous êtes du côté du bureau qui fait de l’huile avec ses fesses au moment de l’entretien.

Q1 : Avez-vous déjà publié des photos d’Estelle Halliday sur votre site perso ?

A – Oui.
B – Non.
C – Est-ce que j’ai l’air de m’appeler Valentin Lacambre ?

Q2 : Pour vous, une RFC, c’est :
A – Une réplique dans Urgence : “faites-lui RFC, chimie, iono”.
B – Une chaine de restauration rapide aux plats basés sur le poulet.
C – Un site avec des fichiers textes

Q3 : Pour vous, le W3C, c’est :
A – Un produit d’entretien industriel.
B – Le vaisseau de Scotty dans Star Trek III
C – Un club Suisse pour amateurs de machines NeXT

Q4 – Dans Netscape 4, la petite lumière passe :
A – Derrière le phare puis devant,
B – Devant le phare puis derrière,
C – Nulle part, c’est dans Netscape 4.5 que le logo était animé ainsi.

Q5 – Les gens qui disent surfer avec “Mo-zi-la” :
A – Méritent le pal.
B – Méritent le pal.
C – Méritent IE 6.

Q6 – Complétez cette phrase : “Napster bad…”
A – Hadopi Good
B – eDonkey Good
C – Money Good

Q7 – Combien de temps dure la chanson sur Zombo.com ?
A – 1 minute
B – 2 minutes
C – Welcome on Zombo.com

Q8 – Tubgirl, c’est :
A – La copine de Mario
B – Une diva du TOP 50
C – Une gymnaste un peu portée sur l’alcool qui a glissé sur la savonnette

Merci d’envoyer vos réponses à Dominique Wolton qui transmettra.

Tout paumé

(publié dans l’Echo du Village n°129 – 1er mars 2000)

Le web est immortel. Avec la multiplication des supports, rien ne saurait être mieux sauvegardé et préservé qu’un document numérisé. On peut en à peine vingt minutes graver un CDRom qui contiendrait largement tous les Echo du Village en ligne. Au besoin, en quelques heures, tous les Echo en ligne peuvent être copiés sur des serveurs de fichiers partout dans le monde. Ainsi, si le site principal venait à tomber en panne ou à prendre la foudre, rien ne serait définitivement perdu. Cela représente un réel progrès. Dans cette optique, le monde de l’informatique, et plus généralement l’internet, semble en effet voué à une éternité. Rien ne saurait menacer son existence. On ne compte plus les « miroirs » de sites web. Un miroir est en fait une copie conforme d’un site, l’image exacte de l’original. Cette technique est utilisée dans le cas de site à très forte audience pour donner différents points d’accès au même contenu. Ainsi, on trouvera un serveur du site en Europe, aux Etats-Unis et en Australie pour que tous les internautes puissent accéder facilement et rapidement à un site proche de chez eux. Toutes les visites ne seront pas centralisées sur le même serveur. La maison mère, ou le site principal, peut être situé aux Etats-Unis, les équivalents ont juste à faire des copies régulières pour être à jour et le tour est joué. Les miroirs sont également très utilisés pour les sites de téléchargement. Plutôt que de faire fondre un disque dur, on copie les logiciels sur différentes machines dans le monde pour répartir la charge (exemple d’une liste de miroirs pour le site de KDE http://www.kde.org/mirrors.html. Ces procédés sont un réel progrès. Comment copier ou sauvegarder aussi rapidement et radicalement toutes les archives du journal le Monde ? Comment préserver une copie de tel ou tel livre ? Le numérique, en facilitant la copie, assure une durée de vie très importante aux informations.

Vite fait bien fait

Mais toute médaille a son revers. Celle du numérique est évidente. Si l’on peut copier à l’infini, la suppression, elle aussi, se fait rapidement, proprement et sans bavure. Ce gentil disque-dur, qui fait « grrr-grrr » en toute quiétude, celui-là même qui clignote gentiment dans votre unité centrale, oui, lui, et bien sachez qu’en quelques secondes, il peut passer du rang d’outil de travail à celui de souvenir. Pas plus tard que la semaine passée, Amiel en a fait l’expérience. En vingt secondes, la totalité de son disque-dur a été effacée. Il en a ri. Une commande malencontreuse exécutée avec un peu trop de promptitude et tous ces beaux fichiers ne sont plus que de l’histoire ancienne. Vingt toutes petites secondes pour plusieurs giga. Au moins, c’est du beau travail. Greg, lui aussi, a vécu une expérience similaire. Suite à une panne matérielle, tous ses documents personnels sont passés à la trappe. La dépression nerveuse n’était pas loin. Pendant plusieurs jours, Greg s’est demandé s’il était bien fait pour travailler dans le monde de l’informatique. Citons également le cas de Zouzou pour qui Tchernobyl évoque plus un vilain virus mangeur de fichiers qu’une catastrophe majeure du nucléaire civil.
Et là, contrairement à un livre qui brûle à petit feu, une fois qu’un fichier est supprimé, il est vraiment supprimé. Fi des « undelete » ou « recover ». Il existe bien des manipulations très coûteuses faites en milieu stérile, mais, pour le grand public, une fois la corbeille vidée ou le virus frappeur installé, il n’y a plus rien à faire. C’est perdu.

La mémoire qui flanche

Quelle sensation étrange que celle de l’effacement définitif du fichier informatique. On peut comparer ce frisson à celui qui nous fait trembler lorsque la machine se fige puis redémarre alors que nous n’avions pas encore sauvegardé le document sur lequel nous étions en train de travailler. Face à cela, on relève différentes réactions qui nous permettent de classer les informaticiens dans de grandes catégories. On peut tout d’abord citer le boxeur, également appelé le marteleur. L’informaticien se met à frapper du poing tout ce qui se trouve dans son proche environnement. Son clavier, sa souris, son voisin de bureau. Les claviers s’en remettent souvent moins bien que les voisins de bureau. En effet, le voisin, avec l’entraînement, voit venir le coup et en profite pour s’éloigner. Le clavier, lui, est toujours pris par surprise en encaisse de plein fouet. Autre type d’informaticien face à l’erreur matérielle, le hurleur. C’est bien simple : si quelque chose ne se passe pas bien, il tient à ce que tout le monde le sache. On peut mesurer la gravité de la situation aux différents noms d’oiseaux qui sont alors distillés. Selon l’inventivité ou la longueur des insultes lancées à la cantonade, on peut savoir s’il s’agit d’un seul fichier ou de la totalité d’un disque dur qui vient de lâchera. Il existe également le technicien de mauvaise foi, celui qui va se rabattre sur le pauvre stagiaire qui vient juste de terminer une image gif pour l’accuser d’avoir mis à sac la base de données du site web. Il peut également aller insulter le journaliste parce qu’à coup sûr, c’est sa faute si le serveur DNS est tombé en panne. Après deux ou trois heures de vocifération à grand renfort de gesticulation, le technicien finira par retourner devant sa machine et avouera, tout penaud, que, oui, bon, il a p’têt fait une fausse manip’. Dernière catégorie, la plus intéressante sans doute, le stoïque. Celui-ci, une fois qu’il est certain que ses données sont définitivement perdues, dit « zut », voire « flûte » si c’est très grave, va prendre un café, voire un thé, si c’est très grave, regarde par la fenêtre avec une sourire d’enfant et se remet au travail, recommence tout comme si c’était la première fois. Ceux-ci sont rares. Ce sont souvent les plus anciens. A force d’expérience, ils ont fait leur deuil de ces erreurs bêtes, de ces mauvais calculs. Pour eux, cela relève presque de la routine. Ces pertes ne sont rien de plus que la roue crevée du taxi ou la truelle tordue du maçon.

La poésie de la disquette

Les informaticiens apprennent à prendre les choses à la légère. Au fond, ce n’est pas si grave. Des semaines de travail qui s’envolent et après ? On ne peut plus rien faire, alors, autant en rire. Il n’est pas rare de voir un programmeur approcher de votre bureau en rigolant pour qu’il vous annonce, la bouche en coeur, qu’il vient de faire une sauvegarde malheureuse et qu’il a donc perdu deux jours de développement.
Si jamais, à l’annonce du crash imminent d’une météorite sur la terre, vous voyez des hommes hurler de rire en se roulant par terre, rassurez-vous, ce sont des informaticiens.

Révolution chocolatière

(Publié dans l’Echo du Village n°140 – jeudi 17 mai 2001)

Hier, en plein bouclage de l’Echo papier de juin, nous avions décidé de nous offrir un repas. Avouons-le, la rédaction de l’Echo du Village ne passe jamais à côté du luxe. Sans pousser le vice jusqu’à manger à heure fixe ou bien même à avoir des menus équilibrés, nous nous octoyions une pause gastronomique. Direction : le supermarché du coin. On en salive d’avance.

En route pour la joie

Car, oui, nous sommes en plein bouclage de l’Echo papier. Après un an d’absence, il est de retour dans les kiosques. Enfin, pas tout de suite : début juin. A l’heure qu’il est, les maquettistes terminent les derniers détails. Vous pouvez d’ailleurs voir la couverture un peu plus haut sur cette page. La rédac ressemble à l’une de ses fourmilières dans lesquelles vous donniez des coups de pied étant enfant – que nous lecteurs résidant au pôle Nord ou Sud me contactent pour obtenir une image plus parlante à leurs yeux. Ne mentez pas, je vous ai vus. Les fourmis se mettent alors à courir en tout sens, affolées comme des adolescentes le jour des soldes au Printemps. Si vous voulez, on peut également dire que la rédac ressemble à un magasin du Printemps le jour des soldes. Il se passe rarement cinq minutes sans que quelqu’un se lève de sa chaise pour interpeller un voisin en lui demandant : « Où est-ce que tu as sauvegardé l’illustr’ pour la page quatre vingt ? ». Sachant que l’Echo papier ne comporte que soixante douze pages. A l’heure actuelle, ce sont déjà quarante litres de thé et presque le double de café qui ont été ingurgités. Les maquettistes se sont tous commandé des prostates de rechange. Le rédac chef, lui, se fait directement des injections de théine. C’est plus rapide.

Tu vas la boucler !

La maquette papier arrive à son terme cette semaine. Le CDRom, lui, a eu son heure de gloire vendredi dernier. Ce fut d’ailleurs l’occasion pour nous de créer un sanctuaire d’un tout nouveau genre : un cimetière à graveur de CD. Vous connaissez aussi cette sensation. Vous venez de trébucher en sortant de la cuisine, les bras chargés de plats (y compris les assiettes en porcelaine de mémé) et vous tentez désespérément de reprendre votre équilibre. Alors que vous gesticulez tout doucement sans quoi vous balanceriez des assiettes un peu partout dans la pièce, vous cherchez du regard un point d’appui solide ou poser ce pied qui, suspendu en l’air, reste votre dernière chance avant de vous étaler de tout votre long sur le parquet et, logiquement, sur les assiettes en porcelaine de mémé. Enfin, vous apercevez, au milieu des jouets du petit dernier qui traînent là, un espace libre où toucher terre. Mais, enfer : c’est un tapis. Même sans en faire l’expérience, vous savez déjà que ce tapis va se dérober sous votre pantoufle. Plus la peine d’espérer. Toute résistance est vaine. Autant lâcher les assiettes tout de suite. Cette sensation, donc, nous l’avons ressentie vendredi soir.
Après une journée à courir de-ci de-là à corriger les dernières erreurs, à s’énerver un brin sans quoi c’est pas rigolo, nous étions enfin arrivés à la gravure du CD. Greg, Zouzou et moi étions devant la trappe du graveur. Un CD vierge à la main, nous contemplions déjà en rêve notre première épreuve, fiers de ce rude labeur et de l’argent du beurre. C’est là que s’est produit le flash du tapis. Le graveur ne pouvait pas fonctionner correctement. Cela faisait des semaines qu’il fonctionnait à merveille. Il a gravé CD sur CD sans le moindre problème. Zouzou a même pu sauvegarder sa collection de photos de Michel Topaloff sans aucun souci. Cela n’avait que trop duré. Effectivement. Ce graveur, visiblement infiltré par la concurrence, a raté trois CD avant que nous nous décidions à en essayer un autre. Pendant que Greg dansait la carmagnole sur son graveur, Zouzou essayait alors de raisonner Robert. « Mais non c’est pas important tes sauvegardes de la base de données des Villageois. Tu veux pas nous graver notre CD avant ? »

Grave !

Pas moins de quatre graveurs plus loin, le CDRom était finalement prêt, ce qui nous ramène à l’objet de cet édito : notre pose repas. Suivez un peu. Nous étions donc en route pour une pause repas, prêts à savourez de délicieux sandwiches faits avec tout l’amour que l’on met à descendre ses poubelles. Après une revigorante promenade sous les néons forcément blafards, nous avions enfin jeté notre dévolu sur des préparations alimentaires que Gérard d’Aboville, perdu en pleine mer, aurait préféré laisser aux poissons.
De retour vers les caisses, les bras chargés de victuailles, nous attendions notre tour. Mon regard a alors croisé celui d’un paquet de Kinder Bueno. Ceux qui ont déjà regardé un paquet de Kinder Bueno au fond des yeux savent de quoi je parle. Au milieu de ces mille autres friandises, il m’attendait. Pourtant, j’avais largement de quoi manger. Je devais même dépasser un peu mes besoins en calories. Ces barres chocolatées ne m’étaient en rien vitales. Malgré moi, j’avais envie de les acheter. Il est assez curieux, pour quelqu’un qui pense encore jouir de son libre arbitre, de se rendre compte qu’un paquet de Kinder Bueno lui fait mettre genou à terre.
Alors j’ai résisté. J’ai tenu bon. J’ai gratifié la caissière d’un sourire crispé, j’ai payé et je suis sorti sain et sauf du centre commercial. Ils étaient tous là, à côté de moi. Lénine, Trotsky, Bakounine et tous les grands. Ils me serraient la main et me congratulaient. J’avais résisté. La consommation galopante ne passerait pas par moi.
C’est là que Zouzou m’a demandé si j’avais écrit mon édito pour l’Echo papier. Quand je me suis retourné, j’ai vu Lénine, Trotsky et Bakounine partir en courant. Sympa les copains.

Pierre-Emmanuel Muller

Il est l'auteur de ce blog. Les propos publiés ici n'engagent que lui et son sens de l'humour à géométrie variable. Ils n'engagent en rien celles et ceux qui sont obligés de partager leurs heures de bureau avec lui. Vous pouvez trouver ici un CV, la liste de mes bouquins ou bien encore quelques écrits de jeunesse.