Note de la rédaction Le blog personnel de Pierre-Emmanuel Muller (PeM)

29déc/110

L’innovation, le dahut de l’intranet

L'innovation dans les intranets, c'est bien. Le faire, c'est mieux. Même modestement. Tous les cahiers des charges font désormais les gorges chaudes du collaboratif, de l'innovation ascendante, des outils transversaux. Malheureusement, au moment de la mise en oeuvre, on tombe bien souvent des nues.
Le schéma est quasi systématiquement le même. Tout commence par un cahier des charges qui vous explique que le web 1.0, on va laisser ça à mère-grand, que le web 2.0, de toute manière, personne n'a jamais vraiment bien compris ce que c'était, alors autant passer au web 3.0 et de toute manière le président a lu ça dans Metro alors si l'intranet est pas web 3.0, ça passera pas.
Soit. On hésite même à faire du web 3.5 histoire de bien enfoncer la concurrence mais on se dit que le subterfuge pourrait faire long feu. Alors, va pour le web 3.0 même si on a l'impression de manquer de respect à Tim Berners-Lee à chaque fois qu'on emploie le terme.
Surtout, le nouvel intranet va révolutionner la structure car il va décloisonner, il va innover, il va créer du lien et du liant. A grands coups de paquets IP il va abattre ces cloisons que d'austères zélotes du silotage avaient bâtis entre des services pourtant si proches comme la DSI, les RH et les Parcs et Jardins. Autant dire que ça sent le piège.

Modestement et sur la pointe d'un PowerPoint, on aura pris soin, lors d'une soutenance réglée comme du papier à musique, de glisser quelques menus avertissements. Attention, la boîte à bonnes idées ne sert à rien si elle n'est pas suivie d'effets. Attention, il faut que tout cela soit bien préparé : quel processus de traitement des idées ou projets qui vont naître grâce aux outils proposés ? Quelles responsabilités pour les porteurs de projet ? Quel temps peut y passer un agent par rapport à sa mission première ? L'outil est bien secondaire par rapport à la conduite du changement, par rapport à la préparation en amont.
Celles et ceux qui répondent à des appels d'offres ou compétitions savent à quel point une soutenance est un moment à part. On y travaille parfois depuis des semaines et enfin, on a droit à ces quelques minutes ou quelques heures pour convaincre et rapporter plusieurs mois de travail. Un mot de travers et zou, terminé. Comment oser dire à ce moment là que le projet est peut-être un peu parti de travers, que, peut-être le consultant qui a assuré l'accompagnement devrait un peu plus souvent cultiver son jardin et se pencher sur la vraie vie d'un webmaster d'intranet avant de recommander l'équipement en tablettes 3G pour consutler des vidéos de formation continue auprès d'un public qui à l'heure actuelle n'a même pas de poste informatique, pas plus que de téléphone portable professionnel. Oui, comment ? Comment jouer Cassandre quand on doit rassurer, vendre du rêve, du plus, du mieux fait, plus ambitieux. Comment faire comprendre que l'on tique non pas parce que l'on ne sait pas faire mais que, justement, l'ayant fait, on sait que c'est mal parti ? On le fait difficilement et on part aussi du principe que le client dit vrai. Et, au fond, si c'est bien le cas, on le tient enfin notre intranet ambitieux, notre véritable outil au service du changement. Gloria mundi. On va y arriver, fastoche.

Vous ressortez alors de votre soutenance heureux comme un cul de bébé. De retour à vos chères études, vous faites un complément de réponse. Vous proposez toutes ces idées d'outils innovants que vous avez dans les tiroirs depuis des années. Pour certains, vous pouvez même produire des spécifications fonctionnelles étant donné, que, dans d'autres projets, vous êtes déjà allé jusqu'à les faire valider ces spefs. Malheureusement, lors d'un Comité de Pilotage de sombre mémoire, ceux-là même qui vous reprochaient de faire du web à papa, voyant arrivent cet outil du Démon, vous ont demandé de bien vouloir reprendre votre copie et d'aller emballer le poisson avec.
Vous envoyez donc vos trente pages d'outils collaboratifs, de module de consultation permanente, de moteur de création de projet et vous attendez la suite en croisant les droigts.
Et vous gagnez la compet. Joie bonheur. Vous demandez quelles sont les options innovantes qui ont été retenues.
Toutes.
Toutes vous dis-je.
Ca y est, vous l'avez votre intranet collaboratif. Non, pas juste un forum. Un véritable intranet collaboratif.

Passons sur les ateliers, tout va bien, arrive la validation des spefs et les vraies questions. Qui va pouvoir utiliser ces espaces collaboratifs ? Qui va pouvoir se servir du moteur de création de projet ? Est-ce que tout cela va être modéré.
Ami lecteur, si tu as en face de toi un prestataire qui te présente un outil dont tu ne veux pas, voici une liste non exhaustive des excuses que tu pourras avantageusement utiliser. Tu noteras que certaines sont sans appel et ne te demandent même pas de te justifier et font appel à des arguments que l'on ne peut pas te contester. Oui, d'autres avant toi furent bien inspirés pour nous couper l'herbe sous le pied.
- On ne peut pas laisser les vannes ouvertes. Tout cela doit être modéré. Or il n'y a personne pour modérer. Donc on ne peut pas mettre cet outil à disposition.
- Qui aura la responsabilité de ce qui sera publié ? Pas moi. Donc personne de mon service ne contribuera.
- Mes agents sont déjà débordés. Ils ne peuvent pas prendre cette charge de travail en plus.
- Mes agents ne sont pas formés. Ils ne pourront pas prendre l'outil en main. On ne peut pas l'ouvrir. Les former ? Non, c'est notre gros rush de l'année.
- Qu'est-ce qu'on va faire de ces idées et proposition ? Nous n'avons rien prévu pour traiter et donner suite. Ouvrir et ne rien faire ensuite décevrait les agents.
- Je ne vois pas pourquoi on mettrait en oeuvre un tel outil, la DSI planche sur le sujet depuis 1 an.
- On ne peut pas lancer quelque chose comme cela, la DRH travaille sur un référentiel depuis 2 ans.
- Il ne serait pas utile de proposer cette solution, ce sera inclus dans la nouvelle version de notre application métier qui doit être installée dans 6 mois.
- Ce système ne peut pas être mis en oeuvre, tous les agents n'ont pas accès à l'intranet, cela ferait concurrence au système actuel et du coup, double traitement.
Généralement, vous passez alors par deux états successifs.
Le premier, une envie de meurtre. Clouer à une porte de grange celui ou celle qui a produit le cahier des charges. Surtout s'il y a eu une AMO, vous mourrez d'envie de lui faire manger ses livres blancs. Plus jamais les livres blancs.
Le second, un vif et piquant découragement. Vous vous sentez comme le Coyote de l'intranet. Il court après le Bip-bip de l'innovation. Sans jamais y arriver. Jamais.

Finalement, ce ne sera pas pour cette fois non plus. Vous ferez un bel intranet de contenu. Avec du web 3.0 dedans.

Dans un prochain billet, je jouerai moi-même à l'AMO et donnerai ma méthode, révolutionnaire bien sûr, pour réussir à mettre en oeuvre des fonctionnalités innovantes au sein d'un intranet.

28juil/11Off

TYPO3, un CMS en déclin ?

TYPO3, c'est un peu un CMS en déclin non ?

Ou alors la variante :

TYPO3 est un peu, vous savez, mûr.

Mûr, comme dans "l'âge mûr, juste avant l'âge pourri" comme disait Pierre Desproges.
Directeur d'une société spécialisée dans le développement de sites web, d'extranets ou d'intranets, travaillant principalement avec TYPO3, j'ai entendu ces arguments une ou deux fois lors de récentes soutenances.
On peut discuter de TYPO3, des choix techniques qui sont derrière son architecture, de son interface d'administration, de la courbe d'apprentissage, en particulier pour le Typoscript.
Mais dire de TYPO3 qu'il est en déclin ressemble à s'y méprendre à de l'intox. Surtout, quand, pour répondre à l'assertion, je demande quels ont été les éléments donnés pour motiver le propos. Aucun. J'insiste. Je veux bien tout entendre. Non, rien. On m'a dit que TYPO3 est un CMS sur le déclin.
Soit, mais après tout, pourquoi pas ? Les civilisations sont mortelles alors un CMS.
J'ai donc voulu aller voir de plus près si oui ou non TYPO3 est un CMS en déclin.

Est-ce que TYPO3 intéresse encore ?

Voyons d'abord l'intérêt qu'il peut susciter auprès du grand public.
Sur CMS Matrix, site comparant plusieurs centaines de CMS, on trouve le classement suivant :
Fiches de CMS avec le plus grand nombre de clics :

  1.  WebGUI
  2.  TYPO3
  3.  Mambo
  4.  Drupal
  5.  e107
  6.  Joomla!

CMS les plus comparés :

  1. Joomla!
  2. Drupal
  3. Mambo
  4. TYPO3
  5. WebGUI
  6. Plone

Le classement n'est pas la question. TYPO3 est dans les deux classements. Il suscite encore au moins l'intérêt du public.

Est-ce que le CMS est encore activement développé ?

Les beaux jours de TYPO3 sont-ils vraiment derrière lui ? Sur l'interface web de suivi du code source, on peut voir que plus de 10 000 contributions ou corrections ont été effectuées. Il ne s'agit pas de comparer le nombre de contributions avec celles d'autres CMS (on peut avoir une petite communauté et être un très bon CMS). Juste de savoir s'il est encore activement soutenu et développé. Pour aller plus loin on peut consulter les statistiques de l'interface de suivi des bugs et corrections, accessible elle aussi à tous. Début 2006, 1000 bugs répertoriés et 500 bugs résolus. En mars 2011, plus de 5000 bugs répertoriés, 4000 résolus, 2000 ouverts (TYPO3 et extensions confondus).
L'association TYPO3 propose un programme de certification payant dont elle publie les résultats. En décembre 2009, une petite cinquantaine de développeurs avaient obtenu leur certification. En avril 2010, plus de 130 nouveaux développeurs étaient certifiés. Aujourd'hui, en juillet 2011, ce sont au total plus de 800 développeurs qui sont certifiés. Trois examens sont prévus en août 2011, deux en septembre et deux en novembre.
On voit donc qu'il existe bien une communauté de développeurs, que celle-ci est active, grandissante et que les rapports de bugs et d'anomalies, faits par des utilisateurs finaux, sont en augmentation et non pas en déclin.

Est-ce que le CMS est installé, testé, mis en production ?

On peut avoir un CMS dont le développement se poursuit, dont la base installée est encore active (elle soumet des bugs), mais sa base d'utilisateurs est-elle encore en train de s'étendre ? Pour cela, reportons-nous aux statistiques de téléchargement de TYPO3.
Premier semestre 2009 : 294 361 téléchargements
Second semestre 2009 : 308 619 téléchargements
Premier semestre 2010 : 313 774 téléchargements
Second semestre 2010 : 727 432 téléchargements
Premier semestre 2011 : 660 709 téléchargements
On peut donc voir deux choses :
- TYPO3 est un CMS qui se télécharge plutôt le second semestre de l'année (ce qui n'intéresse personne)
- A semestre égal, l'augmentation est constante : 294 000, 313 000, 660 000 téléchargements

Et l'association TYPO3 ?

Elle va bien, merci. L'association qui porte l'animation et la structuration de la communauté a vu son budget passer de 326 720 francs suisses en 2008 à 486 413 francs suisses en 2009.
Pour l'année 2010, la part du budget prévue par l'association uniquement pour soutenir le développement des versions 4.x et 5.0 de TYPO3 s'élève à 336 000 francs suisses (dont plus de 220 000 francs suisses pour la version 5.0).

Le tableau ainsi brossé n'est pas celui d'un CMS en déclin. La communauté est active, elle grandit, elle compte de plus en plus d'intégrateurs certifiés. Le code source du CMS est vivant, il évolue et l'association qui anime la communauté se porte de mieux en mieux.

Que l'on ne me dise plus, alors, que TYPO3 est un CMS en déclin. Plutôt que certains aimeraient le voir décliner. Ce qui n'est pas le cas.

6juil/11Off

La classification périodique du développement web

Vous trouverez sur le web de nombreuses listes des 10 ou 15 choses à savoir ou faire pour assurer la réussite d'un projet web. Je me suis dit qu'après plus de 10 années passées à travailler sur le web, je pouvais me plier à l'exercice ayant moi aussi succombé à ces listes et ayant testé de nombreux outils ou méthodes pour travailler mieux, plus vite et, surtout, en y prenant plus de plaisir.

J'ai donc commencé à réfléchir à ce que je pouvais vous léguer, vous, mes chères têtes blondes. M'est alors venue à l'esprit la classification périodique des éléments de Mendeleïv. Pour celles et ceux d'entre vous qui ont poursuivi des études de lettres, je vous resitue un peu la chose.

Un beau matin de 1869, M. Dmitri Mendeleïv se réveille, entre comme un fou dans la cuisine et s'écrie :

Putain, Anna, je vais classer les éléments chimiques dans un tableau ! Y'en a marre de ce bordel ambiant, on se croirait chez les zazous.

De là, on peut noter plusieurs choses :

  1. Dmitri était particulièrement ordurier avec son épouse Anna (on comprend que son premier mariage n'ait pas duré)
  2. Il avait déjà en lui cette capacité à prévoir ce qui n'est pas encore connu, pour les éléments chimiques comme pour les courants de mode, citant les zazous alors que ceux-ci ne devaient voir le jour que pendant la Seconde Guerre mondiale.

Et Dmitri l'a produite sa classification. Il a tout bien rangé. Chaque élément à sa place. Avec une logique. Il a pris le monde devant ses yeux, ou tel qu'il l'avait saisi, l'a ordonné, l'a passé au filtre de sa logique. Et ça a marché. Ca a tellement bien marché que quand il eut terminé son grand oeuvre, il restait des cases. Non pas que Dmitri se soit planté. Il restait simplement des éléments à découvrir :

Moi, Dmitri Mendeleïv je vous le dis, c'est comme cela que ça se range. Et c'était tellement mal rangé avant, qu'il reste des éléments à trouver. Ca viendra, j'ai déjà prévu les cases. (citation non sourcée, peut-être fausse)

Force est de constater qu'il avait raison. Après lui vinrent d'autres éléments : le polonium, l'einsteinium, le fermium, ...

Avant d'en revenir à nos pages web, précisons qu'à peu près au même moment Lothar Meyer travaillait sur la même classification. Il ne lui était pas venu à l'idée, par contre, de pouvoir prévoir l'existence de nouveaux éléments.

Tout cela doit être riche d'enseignements pour qui travaille aujourd'hui sur le web. Et histoire de faire plus fort et plus court que tout le monde, je vais vous donner les 5 choses à garder en tête pour réussir.

Rien n'est compliqué

Vous n'allez pas me faire croire une seule seconde que vos petits mickeys qui changent de couleur quand on passe la souris dessus c'est compliqué. Vous n'allez pas me faire entendre que ce qui est en train de se passer est très sérieux et mérite que tout le monde lève les mains des claviers ou qu'on se roule par terre dans une flaque de larmes.

Dmitri, lui, il a classé les éléments. Quand vous ferez un truc équivalent, on en reparlera.

Tout est compliqué

Le web n'a pas été inventé par des laperots de six semaines. Tim Berners Lee a oublié d'être con et pensez deux minutes au fait que les DNS ont été inventés en 1983. Pendant ce temps, vous, vous écoutiez les premiers CD. C'est aussi vieux que ça. Et ça marche encore très bien, merci pour eux. Sauf que faire la différence entre un enregistrement CNAME et un enregistrement SOA, bin vous n'y arrivez pas encore. Le web c'est simple mais cela marche avec de beaux outils. Quand vous vous trouvez face à une page blanche, ne penchez pas tout de suite pour la solution la plus simple, la plus évidente. Soyez logique. Ayez la même rigueur que nos révérés pères fondateurs. Soyez modestes : que le problème soit issu d'une source extérieure devrait être votre dernière option.

Il est peu probable que vous soyez seul

Le web tourne depuis un petit moment déjà. Il est probable qu'il existe déjà une réponse à la question que vous vous posez. STFG : search the fucking google. Arrêtez de réinventer la roue. Dmitri s'appuyait sur les travaux de ses pairs. La science progresse par la connaissance des règles, lois et bases. On se hisse sur les épaules des géants. Oui, vous pouvez créer un nouveau service tout seul mais franchement, si c'est pour faire Chatroulette, c'était pas la peine.

Ayez plusieurs métiers

Après avoir classé les éléments, vous pensez que Dmitri en a profité pour boire des coups à l'oeil avec le Tsar ? Non. Il a continué. Il a  travaillé, entre autres, sur la théorie et les effets du protectionnisme en agriculture. Je ne vous demande pas d'avoir un Nobel en courant le 100 mètres en moins de 10 secondes. Mais par pitié, allez au cinéma, regardez les classiques, écoutez de la musique, lisez de la poésie. Donnez vous d'autres règles, d'autres grilles d'analyse que celles qui vont bien du lundi au jeudi.

Soyez ambitieux

Tout cela n'est qu'un flux de balises qui se tirent la bourre. Cela ne reste que ça. Pensez d'abord à ce qu'on doit en faire, à ce que cela apporte de nouveau. Arrêtez de vous tripotez la nouille pour la énième itération d'un module d'actualités, de sondage ou de newsletters. Faites le prochain grand truc. Que ce site de ville soit le site de ville dont on parle en disant "Ah oui mais depuis, c'est plus pareil". Il a pu prévoir des éléments Dmitri. Vous n'allez pas me dire que vous n'arrivez pas à penser une nouvelle page web ?

Si vous n'avez rien compris, vous pouvez fixer l'image ci-dessous pendant 5 minutes, cela devrait vous aider.

 

21fév/10Off

Wireframe : I’m Gonna Live Forever

(le titre est un hommage à Pierre Fontaine, auteur de "Frame : I'm Gonna Live Forever".)

Fame

N'ayons pas honte de nos mauvais jeux de mots

Quand on crée des sites web et qu'on essaie de bien les créer, on parle avec ses clients. Ce qui n'est pas très compliqué. Ce qui est plus compliqué c'est de se comprendre. Surtout quand on en vient à parler de la récurrence des événements dans un agenda ou de la mise en place d'un réseau social. Reste aussi à savoir de quoi de quoi il faut parler. Quel est le besoin de discuter du fonctionnement de modules backend quand ce qui importe le plus souvent reste le comportement frontend. Le périmètre fonctionnel d'un module de gestion des actualités reste, généralement, le même.

De l'intérêt des outils de wireframing (désolé amis français, même le très savant Signet n'a pas de traduction). Le wireframing consiste à réaliser un schéma définissant les zones d'un site Web, ou d'une page Web (merci Wikipedia). Dans mon cas, je l'utilise surtout pour deux choses : les pages d'accueil et les pages d'applications (détail d'une actualité, page de résultat d'un moteur de recherche, etc). Le wireframing comporte de nombreux avantages :

  • Il peut être compris ou réalisé par un non technicien,
  • Il est plus facile à manipuler ou corriger qu'une maquette graphique,
  • Il permet de se concentrer sur le fonctionnement, sur la place donnée à chaque élément avant de discuter de l'aspect graphique,

    Et quelques désavantages :

    • On travaille souvent avec des librairies, modules ou gabarits qui reproduisent des formes existantes.
    • Considérer qu'il suffit de voir un module pour que son fonctionnement coule de source.
      Wireframing d'une page Facebook

      Wireframing d'une page Facebook

      Plus largement, dans le processus de création d'un site web, le wireframing ne représente qu'une étape et ne répondra pas à toutes les questions qui se posent en matière d'ergonomie ou de développement. On ne décrit pas l'interaction entre un annuaire web, un organigramme dynamique en Flash, un SIRH et un PABX en wireframes. Le format d'un fichier CSV d'import ne sera pas non plus décrit dans un fichier

      Lorsque nous avons recherché, pour In Cité Solution, un outil de wireframing nous souhaitions qu'il réponde aux besoins suivants :

      • Clairement faire comprendre que le dessin présenté ne représente pas l'aspect définitif de l'application, y compris à des novices.
      • Facilité et rapidité de prise en main.
      • Etre limité en modèles, modules et interactions pour ne pas en faire un Dreamweaver bis.

        Nous utilisions Visio ou MS PowerPoint pour nos zonings mais ils n'étaient pas satisfaisants. Après avoir testé plusieurs logiciels (grâce aux tests très intéressants présentés sur Superfiction), nous nous sommes arrêtés sur Balsamiq Mockups et ce pour différentes raisons.

        • Il fonctionne sur plusieurs plates-formes (développé avec Adobe Air).
        • Son aspect crayonné ne peut laisser croire qu'il s'agit d'un travail graphique tout en facilitant l'implication des publics les plus éloignés du sujet. On présente clairement un dessin, une ébauche.
        • Il dispose de modèles et gabarits, mais pas trop. Du coup nous sommes obligés de "créer" les interfaces. Disposer de modèles de pages ou de systèmes de navigation risquait de nous entraîner sur la pente glissante de la répétition (on ne reproduirait que des interfaces existantes). Le site Mockups To Go reste une bonne base de travail.
        • On peut y faire des liens entre mockups, cela permet de présenter facilement l'enchainement entre les pages.
        • On peut activer des boutons mais il ne va pas jusqu'à permettre le déclenchement d'actions à l'aide de menus déroulants. Il nous oblige donc à garder une spécification "papier" pour décrire plus finement certains comportements.
        • Il n'est pas très cher, 79 $.
        • L'équipe de développement est sympathique et à l'écoute de ses utilisateurs (les releases notes avec, pour certaines fonctionnalités, la référence à l'utilisateur qui l'a demandée, cela témoigne d'une bonne écoute). A voir sur le blog de l'entreprise. Le logiciel évolue vite et profite vraiment du retour des utilisateurs. Le rythme pourra changer mais de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées toutes les deux semaines en ce moment.
        • Le logiciel existe en version client lourd mais également en tant que plugin pour Jira, Confluence, XWiki, etc. Si jamais nous venions à passer de Redmine à une autre solution de gestion et suivi de projet, nous serions alors très certainement en mesure d'y intégrer directement Balsamiq Mockups.

          Il nous reste aujourd'hui quelques points à travailler. Qui impliquer dans la création d'un zoning ? L'équipe créa ? Uniquement les chefs de projet ? Une fois un zoning validé, comment laisser de la liberté à l'équipe créa ?

          Et pendant ce temps, au MIT : une application qui sait reconnaître le schéma d'une molécule. Exemple avec le paracétamol.