TYPO3, un CMS en déclin ?
TYPO3, c'est un peu un CMS en déclin non ?
Ou alors la variante :
TYPO3 est un peu, vous savez, mûr.
Mûr, comme dans "l'âge mûr, juste avant l'âge pourri" comme disait Pierre Desproges.
Directeur d'une société spécialisée dans le développement de sites web, d'extranets ou d'intranets, travaillant principalement avec TYPO3, j'ai entendu ces arguments une ou deux fois lors de récentes soutenances.
On peut discuter de TYPO3, des choix techniques qui sont derrière son architecture, de son interface d'administration, de la courbe d'apprentissage, en particulier pour le Typoscript.
Mais dire de TYPO3 qu'il est en déclin ressemble à s'y méprendre à de l'intox. Surtout, quand, pour répondre à l'assertion, je demande quels ont été les éléments donnés pour motiver le propos. Aucun. J'insiste. Je veux bien tout entendre. Non, rien. On m'a dit que TYPO3 est un CMS sur le déclin.
Soit, mais après tout, pourquoi pas ? Les civilisations sont mortelles alors un CMS.
J'ai donc voulu aller voir de plus près si oui ou non TYPO3 est un CMS en déclin.
Est-ce que TYPO3 intéresse encore ?
Voyons d'abord l'intérêt qu'il peut susciter auprès du grand public.
Sur CMS Matrix, site comparant plusieurs centaines de CMS, on trouve le classement suivant :
Fiches de CMS avec le plus grand nombre de clics :
- WebGUI
- TYPO3
- Mambo
- Drupal
- e107
- Joomla!
CMS les plus comparés :
- Joomla!
- Drupal
- Mambo
- TYPO3
- WebGUI
- Plone
Le classement n'est pas la question. TYPO3 est dans les deux classements. Il suscite encore au moins l'intérêt du public.
Est-ce que le CMS est encore activement développé ?
Les beaux jours de TYPO3 sont-ils vraiment derrière lui ? Sur l'interface web de suivi du code source, on peut voir que plus de 10 000 contributions ou corrections ont été effectuées. Il ne s'agit pas de comparer le nombre de contributions avec celles d'autres CMS (on peut avoir une petite communauté et être un très bon CMS). Juste de savoir s'il est encore activement soutenu et développé. Pour aller plus loin on peut consulter les statistiques de l'interface de suivi des bugs et corrections, accessible elle aussi à tous. Début 2006, 1000 bugs répertoriés et 500 bugs résolus. En mars 2011, plus de 5000 bugs répertoriés, 4000 résolus, 2000 ouverts (TYPO3 et extensions confondus).
L'association TYPO3 propose un programme de certification payant dont elle publie les résultats. En décembre 2009, une petite cinquantaine de développeurs avaient obtenu leur certification. En avril 2010, plus de 130 nouveaux développeurs étaient certifiés. Aujourd'hui, en juillet 2011, ce sont au total plus de 800 développeurs qui sont certifiés. Trois examens sont prévus en août 2011, deux en septembre et deux en novembre.
On voit donc qu'il existe bien une communauté de développeurs, que celle-ci est active, grandissante et que les rapports de bugs et d'anomalies, faits par des utilisateurs finaux, sont en augmentation et non pas en déclin.
Est-ce que le CMS est installé, testé, mis en production ?
On peut avoir un CMS dont le développement se poursuit, dont la base installée est encore active (elle soumet des bugs), mais sa base d'utilisateurs est-elle encore en train de s'étendre ? Pour cela, reportons-nous aux statistiques de téléchargement de TYPO3.
Premier semestre 2009 : 294 361 téléchargements
Second semestre 2009 : 308 619 téléchargements
Premier semestre 2010 : 313 774 téléchargements
Second semestre 2010 : 727 432 téléchargements
Premier semestre 2011 : 660 709 téléchargements
On peut donc voir deux choses :
- TYPO3 est un CMS qui se télécharge plutôt le second semestre de l'année (ce qui n'intéresse personne)
- A semestre égal, l'augmentation est constante : 294 000, 313 000, 660 000 téléchargements
Et l'association TYPO3 ?
Elle va bien, merci. L'association qui porte l'animation et la structuration de la communauté a vu son budget passer de 326 720 francs suisses en 2008 à 486 413 francs suisses en 2009.
Pour l'année 2010, la part du budget prévue par l'association uniquement pour soutenir le développement des versions 4.x et 5.0 de TYPO3 s'élève à 336 000 francs suisses (dont plus de 220 000 francs suisses pour la version 5.0).
Le tableau ainsi brossé n'est pas celui d'un CMS en déclin. La communauté est active, elle grandit, elle compte de plus en plus d'intégrateurs certifiés. Le code source du CMS est vivant, il évolue et l'association qui anime la communauté se porte de mieux en mieux.
Que l'on ne me dise plus, alors, que TYPO3 est un CMS en déclin. Plutôt que certains aimeraient le voir décliner. Ce qui n'est pas le cas.
Application windows pour TYPO3
On se place généralement d'un côté ou de l'autre de la table. Celui qui pense que TYPO3 est riche en fonctionnalités ou celui qui pense que TYPO3 est complexe. Il manque malheureusement le troisième côté, celui qui utilise déjà TYPO3 et qui peut témoigner mais c'est une autre histoire.
La question qui mériterait d'être traitée plus longuement mais que nous n'évoquerons ici que du bout des touches est celle de la prise en main d'une solution de publication web par un public qui n'en demandait pas tant. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans l'essentiel de nos missions (à nous les les gens du réseau) : permettre à de grands commençants d'écrire sur le web (d'écrire, de contribuer, etc.).
Pourquoi apprendre un nouvel outil alors qu'au quotidien c'est déjà la croix et la bannière pour s'en sortir avec ceux déjà disponibles ? TYPO3 répond déjà à la question en disant : justement, n'apprenez rien :
L'interface d'administration peut déjà être fortement personnalisée (simplifiée) pour un contributeur. Mais il est je pense possible d'aller plus loin en proposant un client lourd qui offrirait la possibilité de publier des actualités ou de modifier le contenu de pages. Et c'est tout. On ferait abstraction de la logique d'interface d'administration. Oui, cacher la logique web peut être dommange. Mais qu'est-ce que cela apporte à quelqu'un dont ce n'est pas le métier ? Dont la principale contribution restera avant tout le contenu et sa mise à jour régulière ?
Une piste à creuser peut-être, l'ouverture du code et le passage sous licence libre de Zoundry Raven, client lourd de publication web compatible avec de très nombreuses API.
TYPO3 sur iPhone: fail.
Toujours à la recherche d'un truc inutile, j'ai voulu comparer la présence de TYPO3 à celle de Drupal sur l'appstore. Résultat un partout la balle au centre. Enfin, le match s'est terminé avec un TYPO3 au tapis suite à mes tests. Car oui, quand je trouve une application sur le store, je la télécharge et je l'essaie. L'application TYPO3 pour iPhone a été développée par naw.info. Elle permet de publier des actualités sur un site TYPO3 sans avoir à passer par l'interface d'administration. On reste dans le cadre de l'application iPhone (ndlr: on apprécie qu'une société privée puisse utiliser le nom générique TYPO3 pour une application qui ne sert qu'à pousser des news). Pour que l'application puisse publier, naw.info utilise l'extension typo3_webservice (XMLRPC merci).
Sur le papier c'est bien. Dans les faits, ça l'est moins.

Après avoir installé Zend Framework (merci de prendre votre Hummer pour acheter du pain), l'extension ne m'a pas permis de publier la moindre news. Pour la documentation on frise le haïku avec quatre lignes que je n'aurais même pas osé produire dans mes pires manuels.
Download your iPhone App "TYPO3" from the AppStore
Install the TYPO3 extension "typo3_webservice"
Create a backend user in TYPO3 to edit your news with
Configure the TYPO3 that you want to access through the iPhone App
J'ai pu tester le tout sur la plate-forme de démo mise à disposition par naw.info.
Le test amène quelques questions. Comment ouvrir son CMS sur téléphone mobile ? Qui plus est quand on utilise TYPO3 qui est davantage une plate-forme de publication de contenu ouverte à de nombreux profils et non pas simplement une plate-forme de blogs. Doit-on produire une application complète ou une application pour chaque profil ? Comment faire ensuite quand de nouveaux profils voient le jour ? Vu la maturité des contributeurs et les profils rencontrés à ce jour, je pense que naw.info a fait le bon choix. La publication d'actualités est certainement la meilleure piste pour le moment.
